La Dernière séance
 Forums  •  FAQ  •  Rechercher  •  Liste des Membres  •  Groupes  •  S'enregistrer  •  Connexion 
 Douze hommes en colère - Sidney Lumet (1957) Voir le sujet suivant
Voir le sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Cinegamin



Age: 18
Inscrit le: 10 Fév 2008
Messages: 656

MessagePosté le: 29 Fév 2008 à 11:42    Sujet du message:  Douze hommes en colère - Sidney Lumet (1957) Répondre en citantRevenir en haut

Découvert ce matin, mon premier lumet et un effet saisissant. Ce film est passionant, minutieux et merveilleux. Henry Fonda est génial, les dialogues sont ébouriffants et l'ambiance prend au tripe.
Les message humaniste est à la limite du manichéisme et pourtant la démonstration est saisissante.
Un purrrrrrr chef d'oeuvre!

_________________
"J'hésite entre une gauffre au sucre et une histoire d'amour"
Voir le profil de l'utilisateur
Fa



Age: 41
Inscrit le: 10 Fév 2008
Messages: 546
Localisation: Nantes

MessagePosté le: 29 Fév 2008 à 13:29    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Un grand film en effet. J'en ai fait l'analyse il y a quelques temps, je vais tacher de la retrouver.

_________________
Image
Voir le profil de l'utilisateurSite Web: Visiter le lien
Fa



Age: 41
Inscrit le: 10 Fév 2008
Messages: 546
Localisation: Nantes

MessagePosté le: 29 Fév 2008 à 19:03    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

J'ai retrouvé mon analyse...

Ce huis clos est une oeuvre que l'on devrait montrer dans toutes les écoles de cinéma. La quasi intégralité du film en effet, se passe dans une seule pièce, une petite salle rectangulaire où les protagonistes passent l'intégralité du film. Et c'est un véritable tour de force admirable de maîtrise et de réalisation que nous livre Lumet réussissant à nous faire oublier qu'il est en train de filmer l'adaptation d'une pièce de théâtre. Mieux encore, il filme ces quatre murs vides sans que l'on ait l'impression d'assister à du "théâtre filmé". Et pour cause, le réalisateur (dont c'était le premier film) oublie ces murs, ne s'en préoccupe jamais (sinon au niveau des fenêtres, justement ouvertures vers un extérieur (que l'on ne voit pas, où juste une fois)) concentrant son travail sur l'action. Une action qui ici se "limite" uniquement à filmer ses personnages. Mais avec quel brio.

Sujet : Douze jurés se retrouvent dans une salle pour délibérer après un procès. Selon la loi Américaine il faut que l'intégralité des 12 soient d'accord sur le verdict. Un verdict qui, ici, a son importance puisque l'accusé risque la chaise électrique. Or, onze d'entre eux déclarent la culpabilité. Le douzième va alors s'acharner à convaincre, un par un, de l'accusé n'est peut-être pas coupable.


Tout le film est donc un échange de dialogue ; dialogue qui est le moteur de l'action. Mais ne nous y trompons pas, il n'agit pas ici d'assister pendant 95 minutes, aux délibérations d'un jury. Mais bien plus, pour Sidney Lumet, l'occasion de dénoncer le système judiciaire Américain.
Pour cela Lumet use de divers artifices :
Le casting d'abord. Tous les acteurs sont admirables ; mais surtout le rôle du douzième jurée est tenu par Henri Fonda. Un acteur (également producteur du film) qui n'est pas la par hasard. On retrouve la le même choix que fit Hitchcock dans "Le faux coupable" ou Leone dans "Il était une fois dans l'Ouest". Ces réalisateurs, comme Lumet, jouent aussi sur l'image qu'a Henri Fonda auprès du public. Henri Fonda était en effet, auprès de son public, l'image de la bonne Amérique. Celle qui défend des valeurs de justice, d'égalité. Henri Fonda, c'est l'homme bon du Cinéma. Léone joua sur cette image pour provoquer un choc en lui faisant endosser un rôle de tueur (son seul vrai rôle de méchant) et Hitchcock comme Lumet l'utilise pour que d'emblée les spectateurs soient convaincu que le personnage qu'il incarne a raison.
Pour Lumet, ce douzième juré ne doit pas convaincre qu'il a raison, c'est aux autre de prouver qu'il a tord. Puisque pour le public à l'évidence ce douzième juré ne peu que avoir raison, même seul contre tous, même contre l'évidence; puisque c'est Henri Fonda !
Autre élément dont use Sidney Lumet tout de suite : les codes couleurs. Le cinéma comporte en effet des codes couleurs dont les cinéastes peuvent user, abuser et détourner. Ainsi classiquement le noir est la couleur du mauvais, du "coté obscur" et le blanc celle du bien. Henri Fonda est le seul juré entièrement vêtu de blanc (remarquons également que son alter ego négatif, Lee J. Cobb, porte un costume particulièrement sombre). Mais si ces codes sont présenté dès le début lorsque l'on voit les jurés entrer dans la salle, Lumet brouille tout de suite les cartes en les faisant enlever leurs vestes. Beaucoup deviennent ainsi noir et blanc. Code sur lequel le réalisateur s'appuiera encore à la fin lorsque les juré quitterons la salle : Henri Fonda ayant remis sa veste immaculé, donnera sa veste noire à Lee J. Cobb...

Le vrai propos de Lumet est donc de dénoncer le système judiciaire américain. Ses personnages usent donc eux aussi de cette géniale idée : c'est aux onze qui plaident coupable de démontrer qu'ils ont raison. Le message est clair : il convient de prouver la culpabilité, et non la "non-innocence". Car tous ces jurés qui condamnent le font pour de fausses raisons : parce qu'ils sont pressé d'en finir ; par racisme sociale (l'accusé venant des bas quartiers) ; ou par transposition de sa vie personnelle. Rares sont ceux qui s'appuient sur les pièces du procès. L'enjeu énorme (la vie d'un homme de 18 ans) pourtant a été souligné par Lumet, et dans les propos de Fonda et surtout dès l'introduction avant le générique en faisant un très long (le plus long plan du film) fondu enchaîné sur le visage désespéré du jeune accusé. Fondu qui s'enchaîne avec la salle des jurés, liant ainsi les deux.
Lumet insiste aussi sur un point : le secret des votes. Les onze en effet accusent en votant à main levée. Mais lorsqu'un vote secret est demandé par Fonda, alors un des onze change d'avis. Et comme par hasard, c'est le plus vieux des jurés qui passe ainsi dans le camps de l'innocence. Curieux de la part d'un jeune réalisateur (Lumet a alors 30 ans) ? Pas tant que cela. Lumet en choisissant l'ancien, choisi dans l'esprit populaire, le Sage... Ce personnage d'ailleurs, intervient rarement dans le film. Mais quand il intervient c'est toujours ou presque pour révéler une vérité, parfois même face caméra. Ce n'est pas un "vieux" qui parle, mais la sagesse qui s'exprime. Lumet avait d'ailleurs bien pris soin de démarquer son personnage en faisant en sorte qu'il soit le dernier à s'asseoir à la table des délibérations.
Remarquons également avec quelle obstination le réalisateur use du même effet, encore et encore, tout au long du film : le zoom lent recadrant un personnage. Artifice toujours utilisé au même moment, lorsqu'un doute s'installe chez le personnage en question. Les murs ici n'existent pas, sauf ceux imposé par l'étroitesse d'esprit des personnage qui s'accrochent à leurs idées jusqu'à ce qu'elles tombent.
Lumet utilise d'ailleurs régulièrement d'autres artifices très "théâtraux". Ainsi lorsque Lee J.Cobb menace de tuer Fonda, se retrouvant ainsi rejeté par tous. La mise en scène, alors presque volontairement outrancière, joue longuement sur les symboles : les jurés se regroupant autour de Fonda alors que l'image s'assombrit soudainement. C'est un orage qui se prépare, au propre dans le film, comme au figuré. Le dénouement est proche...

Autre scène outrancière mais géniale : le rejet par les autres du juré qui déteste les pauvres : un lent et long zoom arrière présentant un par un les jurés qui se lèvent et tournent le dos au personnage qui s'effondre lentement à sa place et dont la voix tonitruante s'étouffe peu à peu. Ici aussi la réalisation ne se contente pas de nous montrer la "chute" des convictions d'un des jurés, mais appuie sur l'imbécillité de ces convictions. C'est Lumet qui parle !
Finalement donc, seul Lee J. Cobb tient tête à Fonda. Le costume blanc contre le costume noir. Le calme contre l'excité. L'homme convaincu contre l'homme qui n'a pas d'opinion ! Car si Lee J. Cobb est bien le plus ardent défenseur de la culpabilité, il est celui qui a le moins d'opinion sur l'affaire. Il croit avoir tout compris parce qu'il a pris des notes (en cela Lumet tente de nous démontrer qu'il est celui qui à été le plus sérieux dans son travail) ; notes auxquelles il s'accroche comme si elle étaient des preuves. Mais en vérité Cobb passe son temps à suivre les idées des autres jusqu'à la révélation finale des véritables raisons de son attitude. Et comme pour les autres ses raisons ne sont pas bonnes...
Finalement Lumet nous explique avec ce film qu'il est impossible de juger de la vie d'un homme en s'appuyant sur des jurés qui ne s'appuient pas toujours sur de bonnes raisons pour juger ; il dénonce également le système qui veux que l'on nomme d'office un avocat, et constamment combat l'idée de l'infaillibilité de cet avocat. Il martèle toujours cette phrase : il y a un doute ! Pour lui, il y a toujours un doute. Et au nom de ce doute on ne peut envoyer quiconque à la mort. C'est à cela que veut en venir le réalisateur ; il ne se contente pas d'adapter une pièce ou de filmer des délibération, mais en permanence, grâce à ses acteurs, sa mise en scène, sa réalisation... Il nous explique qu'il est opposé à la peine de mort.

_________________
Image
Voir le profil de l'utilisateurSite Web: Visiter le lien
Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Prizee - 

Actualités

 - 

Créer un forum

 - 

Forum de support


Powered by phpBB © 2001, 2002 phpBB Group - FI Theme
Images de Pixelomania.com - Traduction par : phpBB-fr.com