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Fa

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10 Mar 2008 à 23:08 Sujet du message: |
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Le "problème" de Lynch (mais ce n'est pas vraiment un problème), c'est que son cinéma est très varrié. Il va du grand spectacle au petit film intimiste.
Difficile, sinon impossible de qualifier son style, il n'en a pas vraiment même si, force est de constater que ce gars là a du talent. Mais difficile de comparer Dune et Mulholand Drive ; Elephant Man et Sailor et Lula....
Perso je l'ai dis il n'y a que deux films que je n'aime pas : Lost Highway
Mulholland Drive. Pourquoi ne les ai-je pas aimé ? Parce qu'il est difficile d'aimer un film dans lequel on se dis toutes les 5 minutes "non il n'a pas osé, pas ça, c'est tellement prévisible... Ben si il a osé". Ce que je n'avais pas ressenti dans ces précédents films.
Sophie, un film par définition est une experience sensorielle puisque ce n'est qu'image, illusions et sons. Et c'est valable pour Lynch comme pour Max Pecas. La différence entre les deux, c'est la forme que l'on donne à ces sensations. L'intellect c'est autre chose, et peut être un plus (ou un moins) pour le film.
Et pour ce qui est de ta dernière remarque sur "le chaos...etc. Je suis en total désaccord avec toi. Si la majorité des gens n'étaient pas capable d'accepter un film dérangeant, etc. alors les normes ne seraient jamais brisées, et de fait il n'y aurait plus, ou moins, d'évolution (et si on étend ce débat à la société : pas de progrès, pas de révolutions...). Le public n'est pas débile, il sait reconnaitre le bon dans le chaos, le beau dans le dérangeant, etc. Même s'il ne le fait pas à chaque fois. Mais le talent d'un cinéaste consiste aussi à le lui faire accepter. Certains ont réussi : le succès de films dérangeant, chaotique et/ou difficiles à comprendre sont assez nombreux dans l'histoire du cinéma pour le prouver. |
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sophie

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Posté le:
11 Mar 2008 à 9:30 Sujet du message: |
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Bon alors, commençons par la fin : je n'ai pas dit que le public était débile.
Je dis simplement qu'il y a des choses qui n'entrent pas dans les standard habituels. Que certains films "dérangeants" se soient percés une voie vers le public, à la force du temps, n'y change rien.
Et ça ne veut pas dire que ceux qui n'ont pas percé aussi largement soient mauvais pour autant.
Mais pour ce qui concerne les films "dérangeants" ou hors normes, on pourra en reparler ailleurs, y'a surement d'autres choses à en dire.
Pour en revenir à Lynch, bien sur que chaque film est une expérience sensorielle, seulement moi je n'ai que très peu souvent vécu des expériences aussi complètes qu'en regardant les films de Lynch, particulièrement ceux que tu n'aimes pas : Lost Highway et Mulholland Drive.
Je pense que si je faisais la liste des films dont l'expérience a été à ce niveau-là, il n'y en aurait pas beaucoup. Sans doute pas plus d'une dizaine.
Il y a un certain nombre de films que je considère comme très bons, voire chefs d'oeuvre, mais seulement une infime partie de ceux-là ont été aussi "jusqu'au-boutistes" que les films de Lynch, du point de vue de ce que j'en ai retiré et de ce que j'ai vécu en les regardant.
Lynch met véritablement en scène le spectateur, il ne se contente pas de lui servir une soupe prémâchée, il l'interpelle, le convoque et lui propose de sortir du linéaire-rationnel coutumier.
Qu'il soit impossible de qualifier son "style"... deux remarques à ce sujet :
- d'abord je pense que ça n'est pas vrai. Je pense que le "style" Lynch c'est ce qui a été ébauché au tout début avec Eraserhead et ses courts métrages, et qui s'est transmuté pendant pratiquement 20 ans, au travers de divers films, pour aboutir à ses trois derniers : Lost Highway, Mulholland Drive et INLAND EMPIRE (qui pousse très très loin ce style-là). Aparté : Tu parlais de Dune : perso je n'ai vu que la version coupée par les producteurs, que je n'ai pas aimée du tout ; il faudrait que j'arrive à voir la version prévue par Lynch pour avoir une idée correcte de ce film.
- comme tu l'as dit toi-même entre parenthèses... même dans le cas où tu ne sois pas d'accord, et où tu considères toujours qu'il n'a pas de style particulier, je ne vois pas où est le problème. Y'a un tas de cinéastes qui ont fait des films très différents, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Je vois pas trop ce que cette remarque tendait à démontrer par rapport à la discussion précédente. |
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Fa

Age: 41
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Posté le:
12 Mar 2008 à 0:36 Sujet du message: |
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Alors continuons un peu ce débat...
Quand je dis que des films dérangeant, etc. ont eu du succès, cela ne veut pas dire pour autant comme tu le dis, que ceux qui n'en ont pas sont mauvais. Sur ce point on est d'accord et je n'ai jamais dis le contraire. Par contre ce qui me gène c'est ton "a la force du temps"... Des films dérangeant, violent, etc. ont eu un succès immédiat...
Bon je clos ce débat que l'on peut effectivement lancer ailleurs c'est intéressant.
Pour revenir à Lynch je comprends que tu défendes ces deux films puisqu'ils t'ont procuré semble-t-il, autant de plaisir qu'à moi d'ennui... Des films qui m'ont procurés des expériences sensorielles fortes il y en a, mais pas ces deux là et j'ai dis pourquoi. Problème de perceptions différentes, d'expérience différentes, de cultures différentes. Quoiqu'il en soit je les ai trouvé très banals.
Quant au "style" Lynch, effectivement il y a des constantes entre Eraserhead, Blue Velvet, Twin Peaks, Lost Highway, Mulholland drive (je n'ai pas vu Inland Empire)... Mais Dune, Elephant Man, Sailor et Lula, et une histoire vraie semblent appartenir à un autre cinéaste. Alors je me corrige, il y a un style Lynch, mais ce dernier est capable d'en changer. Mais tu le dis bien : peu importe. Quoique cela peut gêner le spectateur (je pense que "Une histoire vraie" à souffert du style de films comme "Lost Hightway" par exemple).
La où je m'interroge sur Lynch c'est sur le fait qu'il a été capable d'attirer les foules (certains de ses films des années 80 ont fait plusieurs millions d'entrées en France) ; mais depuis une quinzaine d'année il n'arrive plus à dépasser le million sinon même les 500 000 voir les 100 000. Pourquoi ? Il ne parvient plus a intéresser le public ?... Si il avait vraiment voulu créer sans se préoccuper du public, alors pourquoi sortir ses films en salles ? Ce n'est pas pour l'argent. Aujourd'hui ce sont, la plupart du temps, les droits et les dvd qui rentabilisent un film, pas l'exploitation en salle. S'il s'acharne à distribuer ses films c'est bien pour qu'ils soient vu. Il a donc encore le souci du spectateur... Il n'a peut-être le souci que de son public d'officionados qui existe bien, tu as raison la dessus. Ce n'est pas critiquable, mais perso je trouve cela triste que ce cinéaste que j'ai aimé, dont j'admire encore le talent, ne soit plus capable de plaire à la majorité. Mais il est vrai que cela demande plus d'efforts que de seulement plaire à un petit public déjà fan. Est-ce son problème ? Je ne sais pas... C'est pour cela que je m'interrogeais sur son éventuelle "flémardise". |
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sophie

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Posté le:
13 Mar 2008 à 16:23 Sujet du message: |
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Bon mais on en revient alors à la discussion de départ...
Je suis d'accord avec toi sur le fait que montrer ses films en salles signifie qu'on se préoccupe du public. Et également qu'il faut bien se préoccuper du public, qui est une des composantes du cinéma.
Mais j'en reviens à ce que je disais dans un autre message : imagine que tu sois cinéaste, que tu aies fait des films d'un certain style à un moment donné, qui ont plu à beaucoup de gens, mais que tu aies en toi quelque chose qui te pousse vers une autre forme de cinéma.
Que ce qui te pousse à l'intérieur aille vers une forme moins accessible à la majorité des spectateurs.
Que vas-tu faire ? Vas-tu ignorer purement et simplement cette inspiration, et t'acharner à faire et refaire ce que tu as déjà fait, et ce qui a déjà séduit le public ? Ou vas-tu essayer d'aller au bout de ta "vision", ou de ce que tu as envie de montrer, de dire, d'exprimer, quitte à perdre en route des spectateurs ?
C'est pourquoi je disais qu'il y a toujours une limite à l'altération d'une oeuvre en vue de toucher le plus grand nombre, au-delà de cette limite l'oeuvre est simplement dénaturée, c'est à dire qu'elle perd de son caractère personnel, intime, expressif. Et pour moi, si elle perd ça, elle perd sa qualité artistique.
Donc je ne pense pas qu'il s'agisse de flemmardise. Je pense que chez tout artiste il y a ce qui pousse à l'intérieur, et qui est plus ou moins exigeant, et donne des résultats plus ou moins accessibles à la majorité. Et je pense que c'est important, indispensable même, que des artistes aillent jusqu'au bout de leur "vision", quitte à perdre une partie de leur public.
Ca n'est pas par élitisme, ça n'est pas pour mettre de côté des "aficionados" qui eux auraient "compris" et pas les autres. C'est juste qu'on ne peut pas considérer un art dans sa globalité (le cinéma en l'occurrence) sans être totalement pour l'existence de branches plus marginales, "underground" comme on dit, ou moins accessibles au grand public. |
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Fa

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Posté le:
13 Mar 2008 à 18:19 Sujet du message: |
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D'accord avec toi. Le piège, est de se couper du public, et au final ne plus avoir la confiance des prod ou des distributeurs. Et donc de ne plus faire de films... Orson Welles, Leos Carax, pour ne citer qu'eux peuvent en témoigner... C'est ce qui guette Lynch à mon avis s'il s'acharne. Exprimer son art c'est bien à condition d'en avoir encore les moyens... |
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sophie

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Posté le:
14 Mar 2008 à 10:50 Sujet du message: |
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Oui, il faudra voir ça dans les années à venir. Je suis d'accord, se couper complètement du public est un écueil dans lequel il ne faut pas tomber non plus. On verra bien comment Lynch évolue.
Concernant Welles et Carax, peux-tu développer ? Je connais pas leur histoire... ils ont arrêté de faire des films car ils n'étaient plus soutenus par des producteurs ?
Enfin pour ce qui concerne les distributeurs, la baisse du nombre d'entrées peut-elle être reliée aussi à un problème de distribution ? Je dis ça parce que en ce moment, dans le cinéma d'horreur par exemple, il y a pas mal de grogne parce que certains films récents ont été très mal distribués, quasi impossibles à voir dans certaines villes.
Et je me demandais du coup si pour les films un peu "marginaux", comme ceux de Lynch, il n'y avait pas aussi ce problème, une sorte de "présélection" des salles qui contribue aussi à réduire le nombre d'entrées.
(C'est une vraie question dont il m'intéresserait de discuter, pas un argument fallacieux pour "défendre" Lynch, je préfère le préciser ... ) |
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Fa

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Posté le:
14 Mar 2008 à 18:22 Sujet du message: |
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Welles et Carax ont eu des problèmes avec leurs producteurs et leurs distributeurs, ce qui les a contraint à ne plus filmer, ou rarement, ou n'importe quoi pour tenter d'avoir de l'argent pour s'autoproduire... C'est complexe. Comme est complexe la réponse à ta seconde interrogation.
La fréquentation est automatiquement lié à la bonne volonté des distributeurs. En france ils sont souvent lié aux producteurs (c'est le cas de Gaumont, Pathé, UGC...). Aux USA aussi, mais par forcement (Spielberg est producteur de ses films mais est distribué par Universal par exemple...) et la-bas les distributeurs sont parfois plus puissant que les producteurs.
La ou cela se complique, c'est que ce n'est pas la fréquentation qui rentabilise un film, mais ses ventes avant diffusions aux TV, ou autres distributeurs DVD... Un film peut donc en théorie se passer d'une diffusion en salle, et certains s'en privent effectivement. Mais c'est aussi le succès en salle qui assure les ventes auprès des distributeurs TV/DVD, en achetant un film ces derniers misent donc sur son éventuel succès. Or une mauvaise distribution en salle risque de compromettre le succès, et donc les pré-achats...
La question est différentes pour les vieux films, ceux d'avant l'ère du DVD. La c'est plus la réputation, sinon la demande, qui joue pour sa diffusion en DVD. Sans parler du net qui change actuellement la donne... |
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Hartigan

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Posté le:
16 Juil 2008 à 22:47 Sujet du message: |
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Mismo

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Posté le:
23 Juil 2008 à 22:22 Sujet du message: |
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Yes j'avais vu ça, pas du tout d'accord perso, d'autant que pour une fois je ne le trouve pas spécialement convaincant, il ne développe aucun véritable argument en dehors de la soit disant "ringardise" de la mise en scène, argument qu'il n'approfondit jamais. |
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