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Tagazok

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Posté le:
12 Mar 2008 à 4:44 Sujet du message: Le Silence des agneaux - Jonathan Demme (1991) |
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Film faisant partie des trois seuls à avoir reçu les 5 oscars les plus importants (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur et meilleur actrice) avec "Vol au dessus d'un nid de coucou" de Milos Forman et "New-York - Miami" de Frank Capra, "Le Silence des agneaux" et de ce genre de films d'horreur qui arrivent à nous transporter dans un monde aux apparences normales, mais qui pourtant nous terrifient et ne nous lâchent pas une seule seconde du début à la fin, prenant le spectateur aux tripes. C'est l'histoire d'une femme dans un monde d'hommes, de cette même femme qui fait la rencontre, pour les besoins d'une enquête, d'un dangereux psychiatre cannibal incarcéré dans une prison haute sécurité, et de la façon dont il va la tester psychologiquement, jouer avec elle avant de décider s'il va oui ou non l'aider dans son enquête, et jusqu'où il va l'aider.
Dans ce film, Jonathan Demme se démarque des précédents thriller horrifiques pondus par l'industrie hollywoodienne en donnant un tour plus réaliste au décors et aux costumes utilisés, ainsi qu'aux scènes montrées. Finis les lieux et habits saturés en rouges, finis les éffusions de sang avec tripes et boyaux qui sortent du bide des victimes, ici, l'éhéroïne est habillée de manière sobre, assez neutre et normale, comme les autres personnages et les quelques passages sanguinolents ou violents n'ont rien de surnaturels, et ont tous une utilité dans l'histoire, une importance, un rôle à jouer dans le bon déroulement de l'intrigue. Pas non plus d'histoire d'amour annexe inutile et improbable venant se rajouter, rien donc qui ne soit duement justifié par le scénario. Et pourtant, la tension est là, bel et bien présente, venant de l'inconnu, du fait que Jonathan Demme prend le spoectateur à contre pied de ses attentes, présentant par exemple un Hannibal Lecter totalement calme, poli, de première apparence tout à fait normale alors que l'on s'attendait à voir apparaitre devant nous un stéréotype de fou furieux défiguré par la démence (surtout après avoir vu les quelques autres cas sociaux emprisonnés dans le même couloir, quand on sait que Hannibal est le pire de tous). Ou en faisant fî des règles habituelles de la réalisation en filmant assez souvent Anthony Hopkins de front, le forçant à fixer la caméra pour regarder le spectateur dans les yeux, et ainsi le mettre mal à l'aise, comme si c'était dans son esprit et non dans celui de Clarice que Hannibal tentait de pénétrer. C'est tout ce genre de petits détails qui font la force de ce film, qui le rendent si perturbant et hautement terrifiant et font qu'il a la réputation d'être l'un des plus grand thriller horrifiques de l'histoire du cinéma.
Cependant, on peut regretter un peu le fait que, même si le niveau du film reste très élevé tout au long du métrage, il perd légèrement en puissance à partir du moment où Hannibal s'est échappé, et où Clarice est donc laissée seule pour résoudre l'enquête. En effet, à partir de ce moment, on n'assiste plus à ces tête à tête qui faisait le charme de la première partie. Mais que le spectateur se rassure, ce n'est pas pour autant que le réalisateur n'a plus rien à raconter et qu'il va se laisser aller. Non, là encore dans cette deuxième partie, le film recèlle quelques prouesse notemment dans la photographie, avec tout ce long plan final vu entièrement à travers les lunettes de visée nocturne de James "Buffalo Bill" Gumb, qui est tout simplement géniale.
Mais tout en étant un très bon thriller horrifique, "Le Silence des agneaux" est aussi un pur film féministe, dans la même veine qu'un "Alien" qu'un Thelma et Louise" ou qu'un "Fargo". En effet, ce genre de film est la très bonne occasion de prendre pour héros une héroïne, en la faisant évoluer seule dans un monde d'homme qui la sous-estiment et au final, lui compliquent la tâche. Et Jonathan Demme saute sur l'occasion, en prenant une héroïne jeune, Clarice Starling, superbement interprétée par Jodie Foster, quitte même à créer une incohérence dans le fait que jamais un (ou une) élève, aussi doué soit-il, ne se verrait confier par le FBI un cas aussi difficile et dangereux, et aux conséquences pouvant être désastreuses en cas d'échec (on parle quand même de la vie de personnes qui est mise en danger). Ce caractère assez extraordinaire de la présence d'unefemme dans un monde d'homme est d'ailleurs souligné de manière très peu subtile par moment, comme dans la morgue, lorsque Clarice demande, de manière calme mais ferme et résolue, à la dizaine de policiers (tous des hommes) de sortir de la pièce pendant l'autopsie. Cette héroïne, à la différence de beaucoup d'autres, ne joue pas de ses formes auprès des hommes pour arriver à ses fins, et d'ailleurs, rien que l'idée de devoir charmer pour arriver à quelquechose la rebute (voire sa première rencontre avec le Docteur Chilton). C'est donc sans utiliser ses attours féminin qu'elle résout pleinement son enquête, et arrive ainsi à se placer comme l'égale de l'homme, et même à se montrer comme supérieure à lui, puisque dans le même temps son supérieur Jack Crawford suit une fausse piste.
Oeuvre féministe et thriller horrifique des plus réussis, "Le Silence des agneaux" est un film qui a marqué son temps et qui encore aujourd'hui, 17 ans plus tard, fonctionne encore à merveille. Gageons que cette efficacité fonctionne encore longtemps, car les ingrédients utilisés par Jonathan Demme ont tout des ingrédients intemporels qui forment ce que l'on appelle des films cultes. |
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sophie

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Posté le:
12 Mar 2008 à 14:41 Sujet du message: |
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Superbe critique
Et tout à fait d'accord avec les thèmes que tu développes.
Comme tu as déjà tout dit ou presque, je n'ajouterai pas grand chose sur le film, juste que pour accentuer le côté dérangeant du personnage de Lecter, le cinéaste arrive à nous le rendre "sympathique", ou en tout cas fascinant.
Mais pas sur le côté habituel fascination pour les serial killer (attrait morbide etc...), simplement en le présentant comme un être charmeur, intelligent, très civilisé et en même très sauvage. C'est un personnage complexe et intéressant, qui sort des représentations simplistes du gros psychopathe au QI surdéveloppé.
Bon j'y reviendrai peut-etre quand j'aurai revu le film. En tout cas, ta critique me donne bien envie de le remater ! |
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Hartigan

Age: 18
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Loisirs: Celui qui nous unit a peu prés tous sur ce forum
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Posté le:
13 Mar 2008 à 18:20 Sujet du message: |
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Vu 4-5 fois sans jamais m'en lasser. Excellent film. Ta critique me botte bien pour le revoir. |
_________________ L'eau mouille, le ciel est bleu, les femmes ont des secrets. C'est ça la vie. |
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Hartigan

Age: 18
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Posté le:
13 Mar 2008 à 18:21 Sujet du message: |
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| le film recèlle quelques prouesse notemment dans la photographie, avec tout ce long plan final vu entièrement à travers les lunettes de visée nocturne de James "Buffalo Bill" Gumb, qui est tout simplement géniale. |
Putain oui je confirme. !! |
_________________ L'eau mouille, le ciel est bleu, les femmes ont des secrets. C'est ça la vie. |
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Tagazok

Age: 19
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Localisation: Gradignan
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Posté le:
27 Mar 2008 à 16:15 Sujet du message: |
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Parceque je viens de mettre les photogrammes sur le sujet du "Chien Andalou", et je me suis dis que ça serait bien de rajouter ici cette superbe image de Dali:
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