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MessagePosté le: 14 Mar 2008 à 22:27    Sujet du message:  Léos Carax Répondre en citantRevenir en haut

Un post de Sophie me pousse à vous présenter ici un de mes cinéastes français préféré :

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Leos Carax, de son vrai nom Alex Dupont, est né à Suresnes le 22 novembre 1960. Il passe son baccalauréat avec succès en 1977. Dès l’adolescence, il se passionne pour le cinéma, et fréquente assidûment la Cinémathèque française, rêvant de devenir réalisateur…
Il devient coursier. Mais ce petit job lui permet de s’offrir une caméra 16 mm. Parallèlement, il continue à forger sa culture cinématographique en assistant aux projections gratuites des facultés de Paris.
Le critique Serge Daney, alors professeur à Censier-Paris III, le remarque ainsi, et lui propose d’écrire dans les Cahiers du Cinéma. Dès 1979, il travaille sur plusieurs scénarios. L’un d’eux, « Strangulation Blues » reçoit l’Aide au Court Métrage. Il peut ainsi le réaliser en 1980. Sélectionné dans de nombreux festivals de 1981 à 1982, ce premier film remporte plusieurs prix. On commence alors à parler de lui…

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Si bien qu’une petite maison de production, Abilène, accepte de produire son premier long métrage : « Boys Meets Girls ». Ses qualités de réalisateur s’y remarquent tout de suite, et le film est même présenté au Festival de Cannes en 1984. La critique applaudit, et le public va transformer ce premier film en un vrai film culte…

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Si bien qu’il a carte blanche pour réaliser son second long métrage… Le tournage se fait dans le plus grand secret. Carax réunit autour de lui une belle brochette d’acteurs avec : Juliette Binoche, Michel Piccoli et Denis Lavant. Le film c’est « Mauvais Sang ». À sa sortie, en novembre 1986, l’accueil est enthousiaste et certains critiques ne tardent pas à voir en lui le nouveau génie du cinéma Français. Il est vrai que les qualités de « Mauvais Sang » sont impressionnantes : imagination, maîtrise, innovation… Le film apparaît très vite comme un bain de jouvence, un coup de fouet salvateur dans le cinéma Français. Les Cahiers du cinéma pourtant difficiles à convaincre, écriront : « Le travail sur l’image dans MAUVAIS SANG est d’une invention extraordinaire. On dirait que toutes les images du film sont hantées par les fantômes du grand cinéma ». Pour l’ancien petit coursier c’est la consécration.

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En 1987, Carax se lance dans son projet le plus ambitieux : « Les Amants du Pont-Neuf ». C’est alors que les problèmes se succèdent. Pour les besoins du film, il faut reconstruire le Pont Neuf à Lansargue, près de Montpellier, ce qui fait exploser le budget. Denis Lavant, acteur principal, se sectionne le tendon du pouce. Les retards s’accumulent… Et finalement, la production s’arrête en décembre 1988 et abandonne Carax, ses acteurs (dont Juliette Binoche) et les décors pharaoniques.
Pendant six mois, Carax cherche de l’argent, se ruine personnellement… Et finalement, il parvient à convaincre un mécène en la personne du milliardaire Francis Van Buren. Le tournage reprend en juillet 1989. Mais un mois après, Van Buren renonce lui aussi, jugeant Carax trop exigeant, trop fou… Trop artiste ?

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Mais Carax n’abandonne pas, il sonne à nouveau aux portes des financiers.
Et le producteur Christian Fechner reprend le projet de Carax à son tour en août 1990. Et le 8 mars 1991, le film est enfin terminé ; quatre ans après le début du projet. Son budget, initialement fixé à 32 millions, dépasse les 100 millions de francs ; ce qui en fait un des films les plus chers de l’histoire du cinéma Français.
Il sort en salles en octobre 1991. L’accueil est très mitigé ; et pourtant le film est une splendeur, débordant d’imagination, d’invention...

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Mais désormais, Carax passe auprès des cinéphiles pour un cinéaste maudit, mystérieux, solitaire et renfrogné, fuyant aussi bien les médias que le public.
Les producteurs lui ferment les portes, le public l’oublie… Seuls quelques cinéphiles font la comparaison avec Orson Welles, autre cinéaste génial et maudit…
Il lui faudra attendre dix ans pour revenir derrière une caméra, avec un court métrage de 8 minutes, sans titre, qu’il réalise en 1997 avec Catherine Deneuve et Guillaume Depardieu ; prémices d’un nouveau projet ainsi évoqué dans le journal " Le Monde " :

Citation:
QU'EST DEVENU Léos Carax ?
Depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991), ceux qui l'aiment se faisaient du mauvais sang. Parmi eux, le Festival de Cannes, qui lui a demandé " un film court, comme une lettre adressée au Festival dans laquelle le ciné donnerait de ses nouvelles ". La réponse du réalisateur - fulgurance de huit minutes trente-sept secondes dépourvue de titre - rassure d'abord parce qu'elle témoigne de la puissance intacte d'un créateur qui allie virtuosité, mystère et émotion intime en un montage époustouflant qui entremêle l'histoire du cinéma et celle du cinéaste.
Sans qu'on ait le temps d'identifier des images qui jaillissent dans un déchaînement que souligne en contrepoint une bande-son très dissonante, quelque chose prend forme ici qui partirait d'une danseuse des Frères Lumière, pour aboutir au prochain film du réalisateur, dont on aperçoit les principaux interprètes (Katerina Golubeva, Guillaume Depardieu, Catherine Deneuve). En cours de route, on aura vu une salle applaudir à tout rompre, des enfants fuir apeurés (La Nuit du chasseur, de Charles Laughton ), le sexe d'une femme s'échancrer sous l'action du feu (L'Origine du monde, de Gustave Courbet), et des bombes s'écraser sur la Terre. Histoire du cinéma, peut-être, et portrait de l'artiste d'autant plus inquiétant qu'on y perçoit une immense solitude.
Carax, en somme.


Et en 1999, un nouveau long métrage voit le jour, avec Guillaume Depardieu et Catherine Deneuve donc : « Pola X ».

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C’est un échec énorme qui semble définitivement pousser ce grand artiste vers les limbes des cinéastes destinés à l’oubli.

Pourtant, après presque 10 ans de silence, le petit génie refait parler de lui grace à la productrice Anne Sawada qui a réussi en 2007 à réunir trois auteurs aussi différents que Leos Carax, Bong Joon-Ho et Michel Gondry, au sein d'un film titré "Tokyo" dont on découvre actuellement les premières photos sur le net et qui serait peut-être présenté à Cannes...
Retrouvera-t-on cet éclair fulgurant que fut Carax qui à la fin des années 80 fit espérer un nouveau souffle dans le 7ème Art Français ?

Espérons que ce "Tokyo" relance le projet auquel Carax travaille depuis très longtemsp et qui serait nommé « Scars », un film qui lui apportera peut-être l’oscar dont il rêve… Son pseudo voulant dire : « LE / OS-CAR / AX » : l’Oscar pour Alex !

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