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22 Avr 2008 à 22:39 Sujet du message: Woody Strode |
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La fin de sa carrière ne laisse pas présager l’importance de cet acteur qui fut un des premiers acteurs noirs à devenir une grosse vedette, bien avant Sidney Poitier lui même…
Woodrow Strode, que tout le monde appellera Woody, est né le 28 juillet 1914 à Los Angeles. Il parvient à entrer à l'Université de Californie (UCLA) graçe à ses qualités athlétiques exceptionnelles. Il devient ainsi une importante vedette de football américain et du même coup un des deux premiers noirs à jouer dans le championnat national. Son physique remarquable (1m93, une musculature impressionnante) lui valut même d’être un des deux noirs à poser sur une peinture à la gloire de l’Olympisme commandée par Adolph Hitler pour les jeux de Berlin de 1936…
Après plusieurs saisons dans une équipe canadienne, il entreprit dès 1941 une carrière cinématographique mais ses premières apparitions à l'écran ne sont même pas créditées au générique. Il apparaît ainsi par exemple dans « Sundown » en 1941, de Henry Hattaway ; «Au pays du rythme » de George Marshall (1942)…
Mais c’est en 1953 qu’il est mentionné pour la première fois dans un générique ; dans « The Lion Hunters » de Ford Beebe. Il enchaîne alors les petits rôles, d’indigène africain la plupart du temps, dans des films de série b. Il faut véritablement attendre 1953 pour qu’il commence à avoir des rôles plus importants. Cette années là, il est dans « La Cité sous la mer » de Bud Boetticher, et enchaîne également des apparitions à la télévision.
Mais si la couleur de sa peau le cantonne souvent à des rôles « exotiques » ses qualités physique d’ancien athlète le prédispose aussi à des rôles plus musclés, en particulier dans les péplums. Il apparaît ainsi dans « les Gladiateurs » de Delmer Daves en 1954.
Mais bien souvent encore, ses petits rôles ne sont pas crédités, comme c’est toujours le cas dans « Fils de Sindbad » en 1955. Pourtant le public le remarque enfin en 1956 dans le double rôle du roi d'Éthiopie et d'un esclave dans « Les dix commandements » de Cecil B. deMille, puis en 1958 dans « Tarzan's Fight for Life » avec Gordon Scott…
Mais c’est surtout en 1959 qu’il fait sensation dans un second rôle dans « La gloire et la peur » de Lewis Milestone, où il joue un soldat mort d'effroi. L’année d’avant déjà, il s’était distingué dans un rôle plus modeste dans « Les boucaniers » de et avec Anthony Quinn. Sa carrière semble enfin décoller. 1960 sera l’année de la consécration.
C’est John Ford qui lui offre enfin son premier grand rôle, celui d’un sergent accusé à tord de viol d’une femme blanche, dans un des meilleurs films du maître américain : « Le Sergent noir ». Puis la même année, il interprète d’une manière inoubliable l’ami gladiateur de Kirk Douglas dans « Spartacus » de Stanley Kubrick.
(Sergent noir)
(Spartacus)
En 1961, il retrouve John Ford (qui disait de lui qu’il était son meilleur ami…) qui lui confie le rôle d’un guerrier indien marié à une aristocrate espagnole dans « Les deux cavaliers ». Ford qui le fait encore tourner dans un rôle marquant en 1962 : L'ami fidèle de John Wayne qui le suit comme son ombre dans « l’homme qui tua Liberty Valance ».
(l’homme qui tua Liberty Valance)
C’est pourtant les rôles « typé » qu’Hollywood continue à lui offrir… « Le défi de Tarzan » en 1963 ; « Genghis Khan » de Henry Levin en 1965 ; ou encore le guerrier mongol de « Frontière chinoise » encore de John Ford en 1966. Cette même année il est superbe aux cotés de Burt Lancaster et Lee Marvin dans « Les professionnels » de Richard Brooks où il se distingue par son habileté au tir à l'arc…
En 1968, c’est le grand cinéaste italien Valerio Zurlini qui lui offre un premier rôle dans « ASSIS À SA DROITE» (Black Jesus) où il est un leader noir, chef d'un mouvement d'indépendance, inspiré par Patrice Lumumba. Un rôle que certains considèrent comme sont meilleur…
Il se fait surtout remarquer une nouvelle fois dans « Shalako » d’ Edward Dmytryk et surtout dans « Il était une fois dans l'Ouest » de Sergio Leone où il est ce grand tueur noir attendant Charles Bronson dans la gare au début du film. Un rôle court, muet, mais qui contribua à le faire entrer dans les figures incontournables du cinéma…
En 1969, il est dans une biographie du « Che » de Richard Fleischer ; et dans « La Colline des bottes » avec Terence Hill. Le cinéma Italien l’attire alors, il enchaîne ainsi quelques films en Europe dont « Scipion l’africain » en 1971 ou « L ‘Empire du crime » en 1972. Mais les USA ne peuvent se passer de lui, surtout dans les années 70 où la « Blacks exploitation » commence à sortir de son ghetto.
En 1972 il partage la vedette avec Ernest Borgnine et William Holden dans « The Revengers » de Daniel Mann.
Pourtant ces années 70 le cantonnent à la TV ou aux séries B Italiennes sans envergures sauf un gros succès du western italien « Keoma » de Enzo G. Castellari, avec Franco Nero… Ce n’est qu’en 1977 qu’il est à nouveau remarqué dans un second rôle dans un film catastrophe : «L’ Horrible invasion ». Mais désormais, il n’est plus qu’un homme vieillissant… Et on ne lui propose plus que des petits rôles. Au début des années 80, seul le cinéma indépendant pense encore à lui, ou alors, quand Hollywood se souvient de cet vieille gloire c’est pour lui proposer guère plus que des séries z d’épouvante ou d’action avec d’autres anciennes vedettes (Stuart Whitma, Robert Walker…). Seul en 1983 se distingue « Le retour de l’étalon noir » de Robert Dalva. En 1984, s’il apparait dans « Cotton club » de Coppola, ce n’est plus que pour un petit rôle du portier à l’entrée du fameux club…
Ses apparitions deviennent de plus en plus rare, même à la télévision. Les années 80 sont celles de l’oubli de celui qui fut pour les acteurs noirs un symbole de réussite à Hollywood…
En 1992 pourtant il décroche un second rôle dans « Storyville » de Mark Frost ; et en 1993 il est la voix off de « Revanche de Jesse Lee » western de Mario Van Peebles. Ce sera son avant dernier film.
En 1995, il apparaît une dernière fois dans « Mort ou vif » de Sam Raimi, mais ce dernier film est un film posthume puisqu’il succombe à un cancer du poumon le 31 décembre 1994, quatorze ans après sa première épouse Luana, qu’il avait épousé en en 1941) une authentique princesse hawaïenne qui avait servi de doublure à Hedy Lamarr dans les séquences aquatiques (elle apparaît brièvement à ses côtés dans la célèbre scène d'ouverture d'IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST (l’indienne que Woody Strode terrorise…).
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