sophie

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11 Fév 2008 à 10:31 Sujet du message: Mort d'un pourri - Georges Lautner (1977) |
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Film de 1977, produit par Alain Delon, scénario de Lautner, dialogues de Michel Audiard.
Avec Delon, Ornella Mutti, Stéphane Audran, Michel Aumont, Maurice Ronet, Jean Bouise, et Klaus Kinski.
Que du beau monde, pour un fort beau film.
On pourrait sous-titrer ce Mort d'un pourri par De l'art de la corruption, ou La pourriture de la société française.
Un film cynique, bourré de phrases chocs et de tirades assassines. Voir par exemple ce monologue de Kinski à la fin du film, sur la corruption et le capital.
"Nous n'aurons plus d'amis, mais des partenaires. Plus d'ennemis, mais des clients".
Un film qui pose la question de la gangrène et de la façon de la soigner, ou plus exactement l'impossibilité de la soigner.
Car les méthodes vertueuses s'apparentent au totalitarisme, la vertu érigée en justicière ne produit que des salauds comme les autres.
Mais passer par la voie légale ne changera jamais rien non plus. Quelques têtes sauteront, quelques grands pontes traverseront des déserts politiques puis reviendront avec une nouvelle virginité "comme une vieille pute se fait tirer la peau des fesses" (dixit Delon contemplant Paris à la fin du film). "Dormez parisiens, tout est tranquille".
Pour étayer ce propos cynique et désabusé, un film bien torché, dialogues, mise en scène, scénario, tout est bon.
Les acteurs sont excellents, tous.
Delon impeccable, Ornella Mutti qui éclaire ce film de douceur et d'une lumière toute féminine et sensuelle, Stéphane Audran en femme de politicien véreux assassiné incarnant la déchéance d'un monde bouffé par l'argent.
Et Kinski comme toujours, parfait dans son rôle d'intermédiaire des pouvoirs en place, intervenant peu dans le film, mais toujours comme "messager" d'un propos sans fard.
On est au du polar français de la fin des années 70, avec quelques acteurs qui font quasiment partie des codes du genre, et les thèmes habituels, corruption, pourriture, justice, impuissance. Période désabusée, le cinéma en est le témoin. Fin des seventies, les illusions s'effritent, bientôt les tristes et violentes années 80. Des films comme celui-ci reprennent la thématique des films de vigilante. Mais ils en énoncent aussi la vanité.
Car l'idée est claire et nette : il n'y a aucune solution.
Le capital est le seul maître à bord désormais, et tous autant que nous sommes, nous n'en sommes que les esclaves serviles ou les ennemis vite écartés d'un coup de flingue ou d'un accident de voiture malencontreux.
5/6 |
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